Le Parc des Expositions de Nantes a ouvert le 18 septembre 2026 une salle de spectacle de 2 500 places, le LAPS. Ad’Hoc Media en a réalisé la signalétique, de l’enseigne de façade au cheminement extérieur, avec une pièce à part : l’enseigne du bar, découpée dans un matériau nantais à base de coquillages recyclés. Retour sur un chantier de signalétique mené en plein été, avec une date d’ouverture qui ne bougeait pas.
Une salle de 2 500 places ouverte en septembre 2026
Le LAPS occupe le hall 4 du Parc des Expositions, en bord d’Erdre. Il accueille 2 500 personnes assises et jusqu’à 3 000 debout, un format qui manquait à Nantes entre le grand auditorium de la Cité des Congrès et le Zénith. La salle a ouvert au public le 18 septembre 2026, avec trois jours de concerts, d’humour et de gastronomie. Le lieu est exploité par Exponantes.
Un lieu qui ouvre part de zéro. Rien n’existe : ni repère sur les allées, ni nom en façade, ni indication vers les espaces d’accueil. Tout se pose dans les semaines qui précèdent, pendant que les autres corps d’état terminent.
Concerts, congrès, spectacles : trois usages à afficher

La salle change de configuration selon les événements. Les trois oriflammes suspendues sous la charpente l’annoncent dès l’arrivée, chacune avec sa couleur et son motif : concerts, congrès, spectacles. Impression sur textile, profilé haut et bas, suspension par câble.
Le format vertical n’est pas un choix esthétique. Dans un volume haut et large, une bannière de plusieurs mètres se lit de loin et depuis plusieurs angles, là où un panneau mural se serait perdu contre la paroi.
Guider le public depuis les allées du parc

Sur un site aussi vaste qu’un parc des expositions, le premier problème n’est pas de nommer la salle, c’est d’y amener les gens. Des mâts en structure métallique autoportante jalonnent les allées, chacun portant une oriflamme aux couleurs du lieu.
Autoportante, parce que le sol d’un site en exploitation ne se perce pas partout. Le lest béton se pose, se déplace et se retire sans reprise de voirie, ce qui laisse au site la possibilité de reconfigurer ses flux d’un événement à l’autre.
L’enseigne du bar, découpée dans un matériau à base de coquillages
C’est la pièce dont l’atelier est le plus fier. Les trois lettres du mot BAR ne sont ni en PVC ni en aluminium : elles sont découpées dans du Malàkio, un matériau mis au point à Nantes à partir de coquilles d’huîtres, de moules et de coquilles Saint-Jacques récupérées. Le composite contient environ 60 % de coquillages recyclés et sèche à l’air libre, sans cuisson.
Une découpe complexe dans une matière minérale

Le Malàkio ne se travaille pas comme un panneau industriel. C’est une matière minérale, plus cassante qu’un plastique, au grain irrégulier qui rend chaque pièce unique. La découpe demande d’adapter les vitesses et d’accepter qu’une lettre ratée ne se rattrape pas.
Les trois lettres, en 300 x 500 mm, ont été découpées puis équipées au dos d’un ruban LED en zigzag et d’une alimentation de 80 W. Le zigzag répartit les points lumineux sur toute la surface arrière : sans lui, on verrait les LED une par une à travers le halo.
Un rétroéclairage qui révèle le grain

Le rétroéclairage n’est pas là pour faire briller l’enseigne, il est là pour la matière. La lumière sort par l’arrière des lettres et vient frapper le fond orange de l’arche, ce qui dessine un halo et détache le relief.
De face, on lit le mot. De trois quarts, on voit les éclats de coquillage dans l’épaisseur de la tranche. Un lettrage rétroéclairé classique, en plexiglas diffusant, donne une lumière uniforme et lisse : ici, c’est l’inverse qu’on cherchait.
Le résultat dans l’espace bar

L’enseigne s’inscrit dans un décor d’arches et d’aplats orange dessiné par le Studio Katra, à qui revient le crédit du design graphique du lieu. Ad’Hoc Media a fabriqué et posé.
Sur un comptoir de cette longueur, l’enseigne joue un rôle simple : donner un point d’accroche visible depuis l’autre bout du hall, quand le public arrive en nombre et cherche où aller. C’est le principe de toute signalétique intérieure réussie, un repère haut et lumineux vaut mieux que dix flèches au sol.
De la façade au cheminement, les supports du chantier
La signalétique d’une salle de spectacle ne se règle pas avec une seule technique. Le chantier a mobilisé la plupart des savoir-faire de l’atelier, chacun choisi pour une contrainte précise : la dimension, la hauteur de pose, l’exposition à la pluie, ou la nécessité de pouvoir changer le message plus tard.
L’enseigne de façade en toile tendue

Le nom du lieu et sa signature, Scène et événements, occupent un grand cadre au-dessus de l’entrée. La toile tendue permet ce format sans raidisseur visible : la toile imprimée vient se clipser dans un cadre périphérique, ce qui donne une surface plane même en grande dimension.
Son autre intérêt est économique. Le jour où l’identité évolue, on change la toile et on garde le cadre et la structure.
Les panneaux en alu composite

Sur les façades les plus exposées, même identité mais autre support : l’alu composite, deux feuilles d’aluminium collées sur une âme polyéthylène. Rigide, insensible à l’eau, il tient à plat sur de grandes surfaces sans tuiler ni gondoler.
C’est le support classique de la signalétique extérieure durable, celui qu’on choisit quand le message ne changera pas avant plusieurs années.
La pose, en nacelle et en site occupé

Le bandeau qui surmonte l’entrée, celui qui oriente vers les halls 3, 2, 1 et le Grand Palais, s’est posé à la nacelle. C’est la partie du métier qu’on voit le moins et qui conditionne le reste.
Un chantier en site occupé se négocie : accès partagés avec les autres entreprises, créneaux de nacelle, zones à libérer. La fabrication peut être parfaite, si le créneau de pose saute, l’enseigne n’est pas là le jour de l’ouverture.
Ce qui a été fabriqué et posé sur le site :
- l’enseigne de façade en toile tendue sur cadre
- les panneaux d’identité en alu composite
- le bandeau directionnel au-dessus de l’entrée
- les mâts de cheminement en structure métallique autoportante
- les oriflammes imprimées, intérieures et extérieures
- l’enseigne lumineuse du bar en Malàkio rétroéclairé
Ce qu’un lieu qui ouvre devrait anticiper
Le LAPS est un cas extrême : 2 500 places et une date d’ouverture annoncée au public. Les contraintes de signalétique sont les mêmes à plus petite échelle pour un commerce, un siège social ou un équipement qui ouvre ses portes.
- Le repérage avant le bâtiment. Un visiteur qui cherche l’entrée est déjà un visiteur agacé. Le cheminement se traite en même temps que l’enseigne, pas après.
- Ce qui va changer, sur un support qui se change. Programmation, horaires, tarifs : tout ce qui bouge va sur une toile ou une oriflamme, pas sur un panneau rigide.
- Le délai de fabrication, pas seulement celui de pose. Une enseigne lumineuse sur mesure passe par un bon à tirer, une découpe, un câblage et des essais.
- L’accès pour la pose. Nacelle, alimentation électrique, créneaux horaires : cela se cale à la commande, pas la veille.
Sur ce chantier, l’atelier a fabriqué à Nantes et posé à Nantes. C’est le cas depuis 1999 : Ad’Hoc Media est un fabricant nantais, pas un revendeur, ce qui permet d’accepter une matière inhabituelle comme le Malàkio et d’adapter la découpe à un matériau qu’aucune fiche technique ne décrit. Le même principe guide notre signalétique éco-responsable : choisir la matière d’abord, la technique ensuite.
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FAQ : signalétique d’une salle de spectacle
Quand faut-il s’y prendre pour équiper un lieu qui ouvre ?
Dès que la date d’ouverture est connue. Le facteur qui commande le calendrier n’est pas la pose mais l’amont : validation des visuels, fabrication sur mesure, câblage et essais pour les pièces lumineuses, réservation des moyens d’accès. Un projet consulté tôt laisse le choix des techniques ; consulté tard, il se limite à ce qui se fabrique vite.
Une enseigne lumineuse peut-elle être éco-conçue ?
Oui, sur deux plans. Le support d’abord : ici, un matériau composé à 60 % de coquillages récupérés et produit à quelques kilomètres de l’atelier, au lieu d’un plexiglas pétrosourcé. La consommation ensuite : l’enseigne du bar fonctionne avec une alimentation de 80 W, l’équivalent d’une ampoule ancienne, pour trois lettres rétroéclairées.
Qu’est-ce que le Malàkio ?
Un matériau mis au point par une entreprise nantaise du même nom, à partir de coquilles d’huîtres, de moules et de coquilles Saint-Jacques collectées auprès des professionnels. Les coquilles sont broyées puis liées par une matrice minérale, et le composite sèche à l’air libre, sans cuisson. Le rendu est minéral, moucheté, proche d’une pierre claire.
Peut-on changer le message sans refaire toute la signalétique ?
C’est une question à poser avant la commande, pas après. Une toile tendue se remplace dans son cadre, une oriflamme se décroche, un panneau alu composite se change entièrement. Le bon arbitrage consiste à mettre l’information stable, le nom et les directions, sur des supports durables, et l’information qui bouge sur des supports interchangeables.