Orienter des visiteurs dans 3 000 m² qui abritent à la fois des skippers, des bureaux, une salle de sport et une capitainerie, sans alourdir les murs d’un bâtiment conçu pour la sobriété. C’était le brief de la Maison des Skippers, à Lorient La Base. Fabricant nantais depuis 1999, nous avons conçu et posé sa signalétique intérieure et extérieure. Voici comment le projet s’est construit, et ce qu’on peut en retenir pour un chantier comparable. Pour un projet du même ordre, parlons-en.
Le projet : la Maison des Skippers, à Lorient La Base

Inaugurée le 6 décembre 2025, la Maison des Skippers est le nouveau bâtiment emblématique du pôle course au large de Lorient La Base. Portée par Lorient Agglomération pour 7,6 millions d’euros, dessinée par Bohuon Bertic Architectes, elle dépasse les 3 000 m².
Le programme est inhabituel. Sous un même toit cohabitent un centre d’entraînement, des espaces de coworking et de formation, une salle de sport, des vestiaires, un hangar modulable pour les bateaux, le bureau de la capitainerie et les locaux des classes de course au large. Le bâtiment lui-même vise la performance environnementale, avec des matériaux bas carbone, une toiture végétalisée et une chaufferie bois.
Une signalétique en PVC imprimé aurait juré avec cette démarche. C’est le point de départ du projet.
Le brief : orienter dans 3 000 m², en trois langues
Un bâtiment qui mélange les publics

Un coureur au large, un stagiaire en formation, un agent portuaire et un visiteur de passage ne cherchent pas la même chose et n’entrent pas par la même porte. La signalétique devait fonctionner pour ces quatre parcours sans multiplier les panneaux.
La réponse tient en deux niveaux de lecture. Un répertoire par étage, placé aux points de décision, qui donne la carte complète du bâtiment. Puis des repères courts au fil du parcours, numéros d’étage et noms d’espaces, qui confirment qu’on est au bon endroit. Le visiteur n’a besoin de lire une liste qu’une seule fois.
Les espaces portent d’ailleurs des noms plutôt que des fonctions : La Vigie, le Camp de Base, la salle Basse Mélite, Les Acteurs du Large. La signalétique devait rendre ces noms lisibles pour quelqu’un qui les découvre.
Le français, l’anglais et le breton

Chaque intitulé est décliné en trois langues.
- Accueil, Reception, Degemer
- Camp de Base, Base camp, Kamp Diazez
- Les Acteurs du Large, Offshore players, Obererion en Donvor
- Salle de sport, Gym, Sal-sport
L’anglais s’imposait, la course au large étant un milieu international. Le breton relève d’un choix de territoire, cohérent avec la politique linguistique de la région. Pour un signaléticien, ce n’est pas neutre : trois lignes par entrée au lieu d’une, sur un panneau qui doit rester lisible à distance et depuis un fauteuil.
La hiérarchie typographique fait tout le travail. Le français en corps principal, l’anglais et le breton en dessous, plus petits et en italique. L’œil attrape sa langue en une fraction de seconde et ignore le reste. Sans cette hiérarchie, le même contenu devient une bouillie de texte.
Les matériaux : du plastique recyclé transformé en Bretagne
Des plaques en matière réemployée

Les plaques de signalétique sont réalisées dans un matériau issu de plastique réemployé, transformé par des ateliers bretons. L’aspect est moucheté, gris et blanc, avec des éclats de matière visibles dans l’épaisseur : on voit ce que c’est, et c’est voulu.
Le motif graphique, un réseau de lignes fines qui évoque le gréement et la houle, est appliqué par-dessus. Le contraste entre ces lignes noires et le fond clair assure la lisibilité exigée en établissement recevant du public. Le sujet des matériaux est détaillé dans notre guide sur la signalétique éco-responsable.
Une plaque du bâtiment explique elle-même l’origine de la matière et le rôle des ateliers bretons dans sa transformation. C’est un détail qu’on retrouve rarement : la signalétique documente sa propre fabrication.
Le bois, la couleur et le geste

Chaque plaque est encadrée de bois clair, avec un chant laqué orange qui n’apparaît que de trois quarts. De face, le panneau est sobre. En marchant dans le couloir, la tranche colore le mur. C’est une signalétique qui se comporte différemment selon l’angle de vue, ce qui est plutôt rare sur ce type d’équipement.
Dans les circulations verticales, le motif de lignes quitte le panneau et passe sur le mur et le plafond, avec les numéros d’étage en grand format rouge. La cage d’escalier devient elle-même un repère, sans ajouter un seul panneau.
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Ce qu’on retient de ce chantier

Trois enseignements se transposent à d’autres projets.
Le matériau se décide en même temps que le graphisme, pas après. Un fond moucheté ne se traite pas comme un fond blanc : le dessin a été pensé pour rester lisible sur une matière irrégulière. L’inverse, dessiner d’abord et chercher ensuite un support éco-conçu, oblige presque toujours à renoncer à l’un ou à l’autre.
Le multilingue se gère par la typographie, pas par la surface. Multiplier les langues ne veut pas dire multiplier la taille des panneaux, à condition de hiérarchiser franchement.
Et une signalétique peut porter un message sans devenir bavarde. Ici, la matière dit la démarche environnementale du bâtiment mieux qu’un panneau d’affichage.
Nous intervenons à Nantes, en Pays de la Loire, en Bretagne et en Île-de-France : voir nos réalisations en signalétique intérieure.
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FAQ
Peut-on faire de la signalétique en matériau recyclé sans perdre en qualité ?
Oui, à condition de choisir le matériau au début du projet et d’adapter le graphisme à son aspect. Une matière recyclée a une texture propre, qui devient un atout quand le dessin la prend en compte.
Une signalétique multilingue coûte-t-elle plus cher ?
Le surcoût de fabrication est faible, le format changeant peu. Le vrai travail supplémentaire est en conception graphique et en relecture des traductions, qu’il faut faire valider par un locuteur.
Combien de temps pour équiper un bâtiment de cette taille ?
Un projet de cette ampleur se planifie sur plusieurs mois, entre le repérage sur plans, la conception, les validations, la fabrication et la pose par phases. La pose seule ne représente qu’une petite partie du calendrier.